Piste cyclable

Je vous présente mon meilleur pote canadien. Il est vert et patriote avec un drapeau tatoué sur le corps et je passe des heures avec lui chaque jour : Mon vélo !

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A Orléans, j’avais ma 106 (R I P,  je ne t’oublierai jamais…), à Paris mon Pass Navigo (Ligne 9 je retire tout ce que j’ai dit sur toi, je t’aime de Ponts de Sèvres à Mairie de Montreuil…) mais ici mon moyen de locomotion c’est lui.

A la base je pensais prendre les transports en commun. Métro, tramway, bus y a le choix. Les tramways sont jolis en plus à l’ancienne et tout. Mais si il y a une chose, une seule chose à redire sur la 4ème plus grande ville d’Amérique du Nord, une chose… c’est bien la qualité de ces transports en commun…

Déjà pour commencer té-ma la carte du métro ! 2 lignes principales pour presque 3 millions d’habitants. Avec une qualité de services médiocre…

Alors au moins on peut se dire que ça sera pas cher. 3 dollars le ticket ! (Environ 2.25€), un abonnement mensuel à 130 dol (environ 90€) pour un métro qui desserve très rarement l’endroit où tu veux aller, des bus aussi rares qu’une bonne odeur sur la ligne 13 du métro parisien et des tramways aussi présent que les bus de la SEMTAO après 22h. Pour toute ces raisons j’ai dit nique sa mère le TTC (RATP torontois).

Forcément même si j’aime ché-mar il fallait trouver une autre solution. Pour 50 dollars je fais donc le meilleur investissement de ma vie canadienne avec mon vélo vert. Alors oui il a probablement eu des dizaines de propriétaires avant moi. Il couine souvent, il freine pas toujours, le plateau des vitesses n’a pas l’air de vraiment marcher, j’ai déjà perdu plusieurs fois la pédale gauche en roulant et je me suis retrouvé quelque fois coincé à cause des problèmes de cadenas (j’ai eu tellement d’histoire de cadenas que je pourrai en faire un blog… Yes I Cadenas). Mais je le kiffe !

Au Canada le vélo c’est sérieux. Y a beaucoup de cyclistes et les mecs sont bien équipés. C’est sur que je devrai avoir un casque. Mais vu que je me suis laissé pousser les cheveux on dira que ça fera l’affaire. Je devrai avoir une lumière aussi… Mais j’ai toujours pensé que j’étais un type brillant de toute façon. Et puis une sonnette ça pourrait être cool aussi… Mais après tout ça doit pas être si compliqué de faire Dring Dring avec sa bouche… Et bien si ! Je ne me considère pas spécialement comme un modèle de virilité ou autre… Mais quand je fais dring dring avec ma voix pour éviter un passant, j’ai comme le sentiment que mes attributs masculins baissent la tête et font genre : « non désolé on le connait pas »… Alors me sentant particulièrement ridicule avec mon Dring Dring j’ai essayé autre chose : Le Poum Poum genre je suis un camion. Non juste un gros con en fait. J’ai aussi tenté le POOOOO que ferait un paquebot arrivant à quai. Ce jour-là j’ai percuté un piéton…

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Faire du vélo en centre-ville tous les jours c’est plus sportif que juste sportif…  Eviter les voitures, camions, bus tramways, passants, stand de hot-dogs etc. Et puis être cycliste en ville c’est prendre le privilège des voitures et ceux des piétons. Et les risques des 2 aussi. Ajoutons à ça le fait que ni les voitures ni les piétons ne peuvent se manger le bitume en roulant sur les rails du tramways. Le vélo peut… Ne tentez pas ça chez vous…

Enfin j’ai aussi pu tester pour vous faire du vélo sous 20 cm de neige. J’ai pas voulu lâcher l’affaire mais mon vélo m’a laissé tomber… Quand y a moins de neige ça va mais la sensation de la neige sur la selle n’est pas toujours des plus agréables…

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Grace à la qualité merdique des transports publics je peux donc en moyenne faire 5km de vélo par jour ce qui est bon pour la santé. A part pour les gaz d’échappement dans la face évidemment….

#JaiL’AlgorythmeDansLaPeau : Si vous avez aimé cet article ne manquez pas ce blog : http://routedelasoieavelo.tumblr.com/ Mon pote Baptiste a lui aussi décidé de faire du vélo cette année. Sauf que lui il blague pas, il est parti de Paris pour aller en Chine. Et il en a fait un blog qui est excellent !

#LeSachiezTu : C’est un des débats du moment ! On parle de faire payer un « permis » cycliste afin de financer les pistes cyclables. Un débat qui montre bien qu’on est dans le pays des grosses voitures. Les piétons, les usagers des transports en commun (qui paye une fortune pour un service de merde) apprécieront de voir leurs taxes ne servir donc QUE aux voitures…

Frozen restons zen…

Après mes aventures estivales, petit saut dans le temps pour vous parler d’une chose qu’on ne peut vivre qu’en hiver : Une tempête de glaces !

Rien à voir avec ce film où des boules de glace vanille peuvent vous tomber sur la gueule à tout moment.

En fait c’est plutôt comme une couche de glace qui se répand partout dans la ville détruisant des arbres et privant d’électricité bien des foyers. Un peu comme ce film en fait : (Toi aussi apprends la vie par des films d’animations américains)

Si cette tempête était une idée du marketing de Disney, ça va trop loin là…

Fin décembre, quelques jours avant Noël, une tempête de glace a sévi sur Toronto privant ainsi plus d’1 million de Torontois d’électricité.

Pour vous donner un aperçu voici quelques photos, certaines prises par moi en mode envoyé spécial prix Albert Londres et d’autres  par des amis ou trouvées sur le Net.

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Alors comment une tempête de glace peut-elle se former ? J’ai demandé cela à mon consultant scientifique Willy Pédia qui explique donc ce phénomène par un dépôt de glace compacte et lisse, généralement transparent, provenant d’une pluie ou d’une bruine d’eau en état de surfusion qui se congèle en entrant en contact avec une surface solide dont la température est inférieure à 0 °C. En gros y a du verglas partout, sur les arbres, le trottoir, les écureuils… Voici un schéma pour ceux qui comme moi, ont fait genre ils ont compris mais en fait pas vraiment.

 File:Type de precipitation dans un blocage air froid.svg

Là j’ai compris !!! Merci Willy à la semaine prochaine pour nous expliquer en un schéma le boson de Higgs et la politique économique de François Hollande !

A titre personnel, j’ai pu profiter de ce beau spectacle car je n’ai pas été privé d’électricité. Le paysage est superbe et voir la glace s’imposer sur les arbres et le mobilier urbain est magnifiqe, sauf quand on en subit les malheureuses conséquences comme le montre cette photo prise dans la rue juste à côté de la mienne :

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« Jusqu’ici tout va bien je touche du bois » a dû se dire le mec qui s’est garé ici.

Ainsi certains de mes amis, ont dû temporairement déménagé, puisque plusieurs milliers de foyers ont été privé d’électricité pendant quelques semaines. L’occasion de voir de beaux moment de solidarité et d’entraide dans une grosse ville individualiste comme il y en a tant d’autre.

Finalement on s’habitue et on marche sur la glace. Et oui, évidemment parfois on glisse et on tombe. Et ça c’est drôle !

#LeSachiezTu : Le Canada a connu beaucoup de tempête de glace mais la plus marquante reste celle de Montréal en 1998. 60% des Québécois ont perdu du courant à cause des pluies verglassantes, les couts estimés furent de 2 milliards de Dollars canadiens et on a compté une trentaine de mort dû à la tempête pour la seule province de Québec, J’ai trouvé un site sur le sujet fait en 1998 (avec le charme du Web de l’époque) avec un témoignage plutôt bien écrit. C’est amusant de trouver un témoignage écrit il y a 16 ans, tel quel. J’espère que dans 16 ans, un mec reprendra mon article ci-dessus…

http://www.imiuru.com/icestormdiary/1pages/tempetedeverglas98.html

Gaspésie c’est Iziiii : Episode Bonus

Avant de tourner la page de la saga Gaspésie c’est Iziiii je souhaite rendre hommage et remercier chacune des personnes qui nous ont pris en auto-stop durant ce séjour.

Vous pouvez retrouver l’intégralité du récit ici et dans l’ordre. Lisez le bien dans l’ordre parce qu’y a du suspens en vrai. Genre si ça se trouve on meurt au bout de 3 jours, mais si vous lisez l’épisode 4 en premier vous savez que non…

Episode 1

Episode 2

Episode 3

Episode 4

Voici donc la liste de ceux qui nous auront permis de vivre cette superbe aventure…

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Merci à Antoine le premier qui nous a pris, un musicien qui a quitté son job dans le marketing pour tenter de vivre de sa passion, ne souhaitant pas la vie de ses parents : Sans Dieu, ni TV ni maitre. ..

Merci à Line, proche de la retraite et qui trouve la plénitude dans sa solitude. La solitude aussi ça se partage…

Merci à AbdelRachid : qui traverse le fleuve toute les 3 semaines pour travailler à l’usine avec ses petits plats tout prêt, et ceux pour 3 semaines. Vie réglée comme du papier millimétrée qui fait les trois 8…

Merci à Jessica et Andrée-Louise qui nous ont gentiment aidés à trouver un spot pour notre première nuit. Partage de bons plans…

Merci à Herman, gaspésien qui a déménagé à Montréal et qui revient avec sa fille Kira pour pêcher avec son père. Un homme de famille qui n’oublie pas ses racines, lui qui a fait mille fois le tour de la Gaspésie en stop plus jeune. Nostalgie…

Merci à Jean-Sebastien, étudiant en agriculture qui a décidé de planter la graine de la chance en nous prenant en stop. C’est bon pour le karma…

Merci à Eve et Olivier : 2 jeunes beaucerons de 20 ans qui vivent leurs premières vacances en amoureux. L’amour naissant…

Merci à Anabelle et Joris qui nous auront juste pris dans leur voiture pour aller faire un aller-retour au supermarché. Ce soir on va faire la fête…

Merci à Mylène et Sohel : Ce couple de français avec qui on aura beaucoup avancé et que j’ai pu revoir quelques mois plus tard sur Montréal. De la difficulté de prendre des vacances en tant qu’expat…

Merci à Bernard et Jean-Michel : Le père emmène son fils en vacances car il se fait vieux. Il a 16 ans, cest peut être leur dernières vacances ensemble. Il lui a promis de l’emmener visiter l’ile du Prince de St Edward. La promesse d’un père….

Merci à Jean-Pierre, France et Lorraine qui en plus du lift, nous ont offert leur savoir sur la région (Jean-Pierre autoproclamé fils adoptif de la Gaspésie), et une leçon de pêche. Ces enseignants retraités nous ont en tout cas fait passer des moments inoubliables. La passion est une maladie contagieuse…

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Merci à Marc, le propriétaire d’une belle maison acheté un peu sur un coup de tête et qui ne peut venir que 2 semaines par an en Gaspésie. Il aimerait la revendre, surtout depuis qu’il a perdu son emploi. Reprendre sa vie en main…

Merci à Lara et Chris : Pour le jazz, la semoule et les bons moments. Les seuls anglophones du voyage. So thank you guys…

Merci à Mathieu et Jean-François. Parce que ils conduisent un gros camion et que c’est kiffant de faire quelques kilomètres dans un gros camion !!! Poum Poum (bruit de klaxon de camion)…

Merci à Maxime et Alexandre les 2 ados qui partaient pour se battre pour une histoire de drogue. Le moment le plus drôle de tout notre séjour. Peace and batte de base-ball…

Merci à Monique et Marielle, qui après la violence, nous ont offert la tendresse d’une mère de famille, et de bons conseils pour dormir. L’instinct maternel…

Merci à Mélanie qui ne savait pas où est-ce qu’elle allait aller en ce jour. Du coup elle nous a pris et a décidé de suivre la direction qu’on prendrait. Et de nous laisser sa salade. Vacances freestyles…

Merci à Yann et Patrick pour notre seule voiture tuning ! Pimp my ride les gars. Au moins avec eux ça allait vite. Petite anecdote sympa, alors qu’ils s’arrêtent pour acheter du Redbull, les 2 gars s’en vont nous laissant dans la voiture avec les clés sur le contact. Coup de flip de Patoche quand même quand il s’est rendu compte que 2 inconnus étaient dans sa voiture. Vroum Vroum…

Merci à Tim et Nancy et leur pick-up qui vu l’odeur revenait de la pêche. Tim un cœur gros comme la montagne selon sa femme Nancy. Proche de la nature…

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Merci à Patrice, Alexis et Julia. Alexis 10 ans en vacances chez Tonton Patrice qui découvre la beauté de la Gaspésie. Merci Tonton…

Merci à Steve et Joshua. Même si ils nous quasiment pas adressé la parole sur les 5min de trajet. C’est l’intention qui compte…

Merci à Sylvain et Claudine. Le fils de Mesrine parait-il. Le rire et la curiosité d’un enfant de 50 ans et un homme qui nous aura touché droit au cœur. Bonheur simple…

Merci à Marie-Eve une gaspésienne immigrée à Quebec et qui revenait pour la première fois depuis 8 mois pour le week-end. Nostalgie de la région natale… Et découverte du rap quebecois en prime sur le trajet (y a du bon !). Home sweet home…

Enfin merci à Michelle, futur infirmière qui revient de 5 mois de voyage en Asie et qui nous aura déposé à Québec chez Raphaël. Voilà c’est fini…

24 voitures, 24 histoires et 24 mercis…

#JaiL’AlgorythmeDansLaPeau : Avant l’auto stop j’ai expérimenté le Canapé Stop. A lire ici. Et dans quelques semaines, d’autres belles histoires et anecdotes à suivre. Restez connecté, car un jour j’irai à New-York avec toi…

#LeSachiezTu : Au Québec, on ne dit pas faire de l’auto-stop mais faire du pouce. Certains français se moquent souvent des expressions québecoises mais parfois comme c’est le cas ici, je préfère les leurs !

Gaspésie c’est Izi Episode 4

Previously on Gaspésie c’est Iziiii : 1987 en France. A quelques mois d’intervalle, Raphaël et Florian naissent. Ils ne le savent pas encore, mais en aout 2013, ils seraient ensemble en Gaspésie. Dans l’épisode 1 ils ont quitté Québec, découvert l’auto-stop et acheter des Pom Pottes. Dans l’épisode 2 ils ont planté leurs tentes, fait la fête et subi la pluie. Dans l’épisode 3, la galère a été remplacé par les belles rencontres et l’aventure continue. Jusqu’à ce moment où bien malgré eux, ils se retrouvent au milieu d’une guerre des gangs entre les cartels de la drogue locale…

Episode 1

Episode 2

Episode 3

Se retrouver dans la voiture de mecs qui partent se bastonner pour de la drogue c’est pas forcément la situation la plus comique qui soit. Mais la dégaine des mecs la rend. Ils ressemblent à des ados de 15 ans qui passent leur vie à jouer en ligne, l’un est grand et fin et l’autre est petit et rond. En gros on dirait C3PO et R2D2 avec des appareils dentaires… Plus proche du fils de Walter White que d’Heisenberg !

On rentre dans leur jeu « Ouais faut pas se laisser faire ! Faut montrer qui c’est le patron ! » Par contre la partie je conduis comme un ouf c’est moins marrant. Le type fait vraiment flipper, à doubler n’importe comment et à insulter les voitures qui respectent les limitations de vitesse…

« C’est la journée des cons sur la route !!! » semble être son mantra. On joue le jeu aussi en même temps je pense pas qu’on puisse lui faire rejoindre un mouvement pacifique en 10min de voiture…

« Ouais les cons !

–          Sale con en voiture bleue !

–          Viens on lui fait des doigts !

–          Ha ha sale con !

–          En même temps on est toujours le con de quelqu’un… »

Finalement, alors qu’on craignait de se retrouver au milieu de la bagarre entre des ados camés du Sud de la Gaspésie, les mecs nous déposent près d’une épicerie.

« Cimer les gars, montrez qui c’est les patrons mais restez Peace hein ?

–          Ouais on va leur pêter les genoux ! Ah ces batards ! Surtout à mon cousin ! »

Il nous faudra plusieurs jours pour se remettre du rire qui a suivi ce lift…

Et il nous aura fallu juste une minute pour trouver une nouvelle voiture. Après les camionneurs et les drogués, nous sommes bien curieux de ce qui peut nous attendre. Braqueur de bijouterie ? Serial Killeur ? Banquier ? Et nous tombons sur Monique et sa fille Marielle. Elle revient juste de Percée où son fils vit. La mère de famille vient juste de lui apporter… Du linge propre ! Avec elle c’est pas la journée des cons, mais juste une femme d’une rare douceur, qui nous donne de nombreux conseils pour passer la nuit à Chandler la prochaine ville dans laquelle nous allons nous arrêter. Elle nous dépose sur une plage près du port de plaisance. On aura eu beaucoup de voiture et de personnalités différentes depuis le début de notre voyage, mais l’enchainement de ces 3 dernières nous fait réaliser à quel point voyager en auto-stop est magique et enrichissant.

On dormira donc sur la plage cette nuit. 2 nuits sur de l’herbe, 2 sur du carrelage et donc une 2ème nuit sur du sable. Pour ceux qui en doute, le sable est plus confortable que le carrelage. On se balade un peu dans Chandler et on discute avec quelques habitants. La Gaspésie a connu une forte désindustrialisation et Chandler a été une des villes les plus touchées. On peut ainsi se balader sur les bords du fleuve, en suivant un chemin de fer aujourd’hui abandonné, longeant une ancienne usine désaffectée.

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Le chômage est très fort ici. On rencontre notamment cette jeune mère de famille, qui reconnait ne même plus prendre le temps de chercher du travail. Elle fait parfois le ménage dans un hôtel mais pas cette année. Ce soir elle partage une bouteille de Coca (visiblement pas pur) avec un ado du coin qui se retrouvera peut être jeune père de famille dans quelques mois…

Je l’ai déjà exprimé plus tôt dans ce récit, mais certaines rencontres nous ont fait prendre conscience à quel point la vie est dure ici. La région est magnifique en été. Mais pendant plus de la moitié de l’année il n y a ni touriste, ni travail. Ce n’est pas un mystère, il y a des ressources minières dans la région. Alors que faire ? Les exploiter et détruire, la beauté et la diversité naturelle de la région mais offrir emploi et richesse à ses habitants ? Pour certains, c’est ce qu’il faudrait faire. Une logique court-termiste certes mais qu’on peut comprendre, quand ces mecs n’ont pas d’autre perspectives et voient d’autre régions sur Canada (notamment la province de l’Alberta) s’enrichir grassement. Les baleines, les parcs c’est bien mignon mais quand le 15 du mois l’argent est parti dans le loyer, la bouffe et l’alcool…

Heureusement il y a quand même un peu de travail. Comme par exemple dans la police ! C’est d’ailleurs un policier qui nous réveillera à 2h du matin. A cause du camping sauvage ? Non parce qu’il était à la recherche d’un voleur ! Un voleur avec… Des tatouages sur les mains ! Il nous réveille donc et nous demande de montrer nos mains. On se rendort en se demandant si ce n’était pas un rêve. Ce sera le seul flic qu’on aura vu de tout notre voyage.

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(Bruit du coq imité par une mouette)

Je me réveille tôt et en voyant tous ces bateaux face à moi je décide de tenter de faire… du bateau stop ! Après le camion et les voitures pourquoi pas ??? Et bien non ça n’a pas marché. Mais de toute les histoires qu’on a failli vivre, celle-là aurait été la plus cool.

On se balade dans la ville de jour et on a même la surprise de retrouver le camion de la veille près de l’usine désaffectée. On reprend la route en fin de matinée pour Bonaventure. Il y aurait dans cette ville la troisième rivière la plus claire du monde ! Oui oui il y a visiblement un mec qui fait le tour du monde et donne des prix pour la clarté des rivières. Je pose d’ores et déjà ma candidature pour le remplacer en cas d’arrêt maladie.

On arrive à Bonaventure assez rapidement. La fille qui nous a pris en auto-stop nous donne une salade. Genre une vraie salade. C’est gentil. Mais là comme ça tout de suite…  On a beaucoup de mal à trouver la rivière. Une vraie expédition dans la jungle gaspésienne. On doit sauter par-dessus des rivières de boues tout en évitant ronces et orties. Mais on a beau s’être donner du mal, le résultat vaut le coup.

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Un petit coin de paradis et une eau bien limpide. Mais glaciale ! On s’est juré de se baigner donc on le fait mais P*** c’est froid !!!

Sinon comme Bonaventure c’est un peu flingué et malgré la sympathie qu’on a pour la meuf de l’office du tourisme, on décide de repartir sur la route avec notre salade pour passer la nuit à Carleton-sur-Mer.

Sur la fin de notre voyage on attend plus longtemps pour trouver une voiture. Faire de l’auto-stop n’est pas toujours facile. Mais la joie quand une voiture s’arrête est souvent proche de l’orgasme. En terme de joie, je dirai que ce qui s’en rapproche le plus ce serait un but de ton équipe à la 93ème minute de jeu alors que tu te faisais chier devant un 0-0 tout pourri. Parce que c’est chiant parfois. Je pense qu’être à 2 peut être un désavantage pour être pris par une voiture. Mais au moins dans les longues minutes d’attente, ça aide à passer le temps, se relayer pour se reposer et rester positif. Faire du pouce (terme québécois pour l’auto-stop), demande beaucoup de pensées positives. Mais ça fait tellement du bien d’insulter la voiture qui ne te prend pas. Je pense que c’est la semaine où j’aurai le plus insulter des gens que je ne connais pas de ma vie. Evidemment ils ne m’entendent pas mais parfois quand j’insulte une voiture et qu’elle s’arrête après je me sentais coupable quand même…

Careleton sera notre dernière nuit. Finalement on aura payé que 2 nuits pour un vrai camping et on se dit que ce soir ça sera matelas. Et surtout ce soir, nous allons enfin faire ce qu’on s’est promis. Un bon restaurant de fruits de mer. Ne trouvant pas d’hôtel abordable près du centre-ville où on a été déposé on lâche l’affaire pour l’hôtel.  On posera notre tente en camping sauvage comme d’habitude. La ville a été construite près du Mont St Joseph. On décide se balader dessus avant de manger pour profiter de la vue.

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On en a vraiment chié pour monter et on descendra de la montagne en stop. La vue est vraiment magnifique, et le chemin bien que très pentu vaut le détour même si on est crevé.

De nos précédents voyages sur la Loire on a gardé quelques habitudes comme les Pom’Potes évoqué dans l’épisode 1. L’autre grande constance est de dire bonjour chaque matin au héron. Dans chacun de nos matinées ligériennes y avait toujours un héron près de nous. Et ce batard a visiblement un passeport en règle puisque en Gaspésie, nous avions très souvent près de nous… Un héron ! Et oui c’est le même on a aucun doute là-dessus.  Alors quoi de mieux pour notre dernier diner en Gaspésie que d’aller dans un restaurant intitulé Le héron cendré ? En plus d’être super bon, la symbolique est belle et la formule inclus une assiette avec plein de bons fruits de mer. Et pour avoir mangé pour la première fois du homard, j’ai eu pendant quelques minutes, moi aussi eu envie d’exploiter les ressources minières de ma planète pour m’enrichir et pouvoir manger du homard tous les jours. Jusqu’à ce que je réalise que détruire les entrailles de la planète n’est pas bon pour le homards et donc pour mes gouts de nouveau riche… Ho marde alors !

Nous plantons la tente près d’un parc de jeu pour enfants. Dans une espèce de mini labyrinthe avec des gargouilles super flippantes. Voilà ce qu’on avait au dessus de nous pour bien dormir…

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Coucou Monsieur… J’ai beaucoup de théories sur cette sculpture et la majorité d’entre elles inclut des scénarios qui n’aident pas à dormir sur ses 2 oreilles.

(Bruit du coq mais genre coq zombie qui sort d’outre-tombe et qui arbore le même sourire flippant que la gargouille au dessus de nous)

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Pas de doute, ces gargouilles nous ont jeté un sort. Nous voilà réveillé par le bruit d’une cloche à 8h du matin. Le train de la mort. Nous allons tout droit en ENFER !!!!

Ah non c’est juste des gamins dans l’aire de jeu juste à côté…. Mais ostie de criss pourquoi y a une cloche ? A 9h je me lève c’est décidé le prochain gamin qui sonne la cloche va prendre pour tous les autres !

Finalement, je me calme, réalise que ici j’ai du réseau et que j’ai loupé 3 offres de taf dans la semaine. On se baigne un peu et on repart On the road again. L’idée c’est de rentrer le plus tôt possible. J’aimerai être à Toronto dans les 24h. Si on peut au moins être à Québec le soir même ça serait déjà pas mal.

Le soleil tape fort, les sacs sont lourds et la fatigue pèse. Nous venons de battre le record. 1h d’attente. Pour la première fois on se prend vraiment la tête pour savoir quel pancarte est la plus efficace. Rimouski, Québec, ParLà, Toronto… On a plein de cartons et pleins de pancartes mais aucune ne marche… Au bout d’une heure une voiture s’arrête. Sylvain un type d’une cinquantaine d’années s’arrête car il a reconnu Raphaël avec qui il avait discuté en faisant la queue pour les sanitaires. Il habite entre Carleton et Rimouski et peut ainsi nous avancer grandement. Le trajet avec lui fut un vrai plaisir. Il a le cœur et le rire d’un enfant, pose beaucoup de questions, s’intéresse à pleins de choses. Sans vouloir être méchant il est pas vraiment futé (il confond l’océan Pacifique et Atlantique et dit pas mal de conneries), mais sa gentillesse et sa façon ingénue de poser des questions sur la France et le monde entier est vraiment attachante. Il nous apprend que Jacques Mesrine a été en prison à Gaspée et dit en plaisant qu’il est son fils. Il prend le temps de nous parler du paysage et des villes qu’on traverse. Nous quittons notre guide sur le bord d’une route près d’un Mcdo où on tente le pouce au McDrive. Ça ne marche pas.

Pour la première fois on rencontre d’autres auto-stoppeurs. On aperçoit au loin genre 200m avant nous un couple. Puis un mec à 100m de nous. Sur 200m on est 3… Les chances d’atteindre Rimouski puis Québec s’amenuisent. Plutôt sport le mec tout seul qui est arrivé après nous, se déplace derrière nous. On le déteste quand même mais on reconnait son fair-play. 3 minutes plus tard une voiture nous passe devant, et s’arrête 100m plus loin et prend le type tout seul. Il se prend plus d’insultes à lui tout seul que toutes les voitures qui ne nous ont pas prise. 20 min plus tard une jeune fille s’arrête en voiture. Joie habituelle mais qui sera encore plus forte quand elle nous dit qu’elle va… A Québec ! Nous passerons la nuit sous un toit… Et au bout de 10 minutes on revoit le type tout seul sur la route (à l’heure actuelle il serait toujours entre Rimouski et Québec ne l’oublions pas). 4h de voyage avec cette Gaspésienne qui a quitté sa région natale pour travailler à Québec. Cela faisait 6 mois qu’elle n’était pas revenue.

Pendant ce trajet, je suis pris de mélancolie. Les vacances sont finies. Plus d’attente interminable sur le bord d’une route. Plus de balade sur les bords de l’eau, de monts, de chemins inaccessibles, de paysages à couper le souffle. Plus de rencontres impromptues, d’histoires à partager avec des inconnus qui nous offrent leurs sièges de voiture pour quelques minutes. Plus de temps passé à chercher un bon spot pour poser la tente. S’il pleut demain ce n’est pas grave. On aura un toit… Que ce soit demain ou après demain ou dans 1 an, une chose est sure, on est prêt à repartir, le pouce levé, la tente pas étanche sur le dos, les Pom’Pottes dans le sac et la pancarte Par Là dans les mains, pour de nouvelles aventures, au Canada, en Amérique ou sur les bords de la Loire.

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Une fois déposé à Québec, il nous reste 1h de marche pour arriver chez Raphaël. Par réflexe je lève le pouce et une voiture s’arrête. La 24ème voiture en 8 jours et 7 nuits.  La 24ème histoire d’une semaine inoubliable…

#LeSachiezTu : Le Wikipedia de l’auto stop existe http://hitchwiki.org/ OK c’est plus marrant de partir sans filet (j’ai découvert ce site que plus tard) mais si certains veulent se rassurer et avoir des bons plans avant de prendre leur pouce et leur sac à dos…

Gaspésie c’est Izii Episode 3

Previously on Gaspésie c’est Iziiii : 2 hommes, 1 semaine, 1 voyage, 0 voiture et 1 objectif : Faire le tour de la Gaspésie en auto-stop ! Après avoir commencé doucement mais surement notre voyage avec du bon son des montagnes allemandes, et en passant en 24h du parking d’un DoMac à un jacuzzi tout en côtoyant des adolescentes qui vomissent dans le feu, nous voici coincé dans un parc national, sous la pluie avec une tente non étanche et une grosse dalle sans avoir moyen de trouver à manger. Nous sommes bloqués à cause d’une pluie diluvienne dans un hangar à bois avec un ou deux rats et trop peu d’espoir de pouvoir manger ce soir…

Episode 1

Episode 2

Cela ne fait pas loin de 2 heures qu’on attend. On a fait de l’escrime avec des bouts de bois, presque réussi à construire une balançoire mais l’ennui + la faim, on commence à envisager de courir les quelques kilomètres qui nous sépare du coin sanitaire où sont nos affaires. Quand tout à coup, un bruit s’approche. Il faut savoir qu’il y a beaucoup d’ours dans cette région. Et que même si c’est rare y a déjà eu des mecs qui se sont fait agressés par des ours dans le coin. C’est rare mais pour des raisons électoralistes et poujadistes, c’est une population à stigmatiser… Avis aux amateurs le marché des Roms semble saturé…

Pour le coup le bruit en question ne ressemble pas à celui d’un ours. Mais à celui d’une voiture. La vie est pleine de surprise… Mais là en l’occurrence pas de surprise c’est bien une voiture. Elle est conduite par Bernard, qui est avec son fils Jean-Michel. Ils viennent chercher du bois pour le soir. On lui file un coup de main et bien que sa voiture soit presque pleine il nous dépose à nos sanitaires et nous offre du bois pour la nuit. Ces vacances père et fils sont peut-être les dernières pour cette famille. Bernard a promis à son fils de 16 ans de l’emmener sur l’Ile du Prince-Edward. Et il y tient « La promesse d’un père c’est important » dit-il.

On a donc du feu et nous voici au sec. Aux sanitaires on retrouve Lorraine qui avait appris à Raphaël à dépecer le poisson pendant que je dormais. Elle part rejoindre ses amis qui retournent à la pêche et nous propose de se joindre à eux. On accepte avec plaisir, espérant trouver un magasin en chemin.

On rencontre donc Jean-Pierre et sa femme France. Jean-Pierre se définit comme un fils adoptif de la Gaspésie. 15 ans qu’il quitte son Montréal tous les mois d’aout pour venir se ressourcer ici.

Il connait tous les bons spots de pêche, il a un sacré matos et nous propose donc de nous apprendre à pêcher. Ni Raphaël ni moi n’avons déjà fait ça. Et après plusieurs tentatives on arrive à choper… 1 poisson chacun ! OK Jean-Pierre en chope 7 mais quand même, on est fier de nous. Et surtout, cela nous fait à manger pour ce soir ! On s’entend super bien avec les sexagénaires qui nous proposent de venir se balader le lendemain avec eux sur le plus beau chemin de la Gaspésie selon Jean-Pierre. On accepte avec joie. Nous retournons donc dans notre sanitaire pour cuisiner notre pêche. Les musiciens de Chicago nous offrent gentiment un peu de semoule et nous avons de quoi faire un repas complet.

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Nous avons donc réussi tant bien que mal à vivre de pêche et de cueillettes… A la Cro-Magnon quoi !

On attend que la salle se vide, puis nous replantons reposons la tente sur le carrelage pour notre 2ème nuit d’affilée au même endroit… Tout en prenant soin de sécher nos éponges chaussettes de façon très efficace.

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(Bruit du coq)

Après une 2ème nuit de suite à même le carrelage nous partons rejoindre nos nouveaux amis, Jean-Pierre, Lorraine et France pour une balade matinale.

Une balade de près de 3h avec une super vue sur le fleuve, des chemins assez pentus parfois mais nos amis pourtant pas si jeune tiennent mieux la route que nous.

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3 jours plutôt sur ce même chemin ils se sont fait presque attaqué par…. Un ours ! Du coup France garde précieusement sur elle une clochette pour faire fuir la bête au cas où elles seraient dans les parages.  En cas d’attaque d’ours, tous les experts s’accordent à dire qu’il ne faut surtout pas fuir mais au contraire faire flipper l’animal. Sauf Raphaël qui affirme qu’en cas d’attaque d’ours alors que moi je veux lui mettre un coup de pression à base de Keskiya, Are you talkin to me ou de C’est ta mère Raaaaaa !!! lui pense qu’il vaut mieux se barrer. D’où notre souhait de rencontrer un ours pour que je puisse le voir se faire bouffer les jambes pendant que je fous des pichenettes à l’ours. Donc on a un peu la rage que la clochette nous empêche de tester nos théories. En même temps, le couple ayant été suivi par un ours qui selon eux avait été vénère d’avoir été réveillé, sur près d’1km, on peut comprendre qu’ils n’aient pas envie de revivre ça. Jean-Pierre est un puits de science. Plein d’anecdotes sur la faune et la flore locale, sur la région. Ancien professeur il a ce charisme à la Père Castor qui fait qu’on boit ces paroles. Le mec te reconnait les oiseaux juste par leur chant, t’explique comment les Amérindiens chassaient le porc-épic comme si tu y étais… On en prend plein les yeux et les oreilles. Et surtout, on trouve les meilleures framboises de l’histoire de la vie du monde des framboises. Sur la tête de ma vie je n’ai jamais mangé des framboises aussi bonnes que sur ce chemin ! Meilleure que celle près du camping, meilleure que celle de n’importe où en Gaspésie, meilleure que celle de Carrefour ! Si j’étais un ours, je serai effectivement vénér que des touristes viennent bouffer mes framboises.

Après la balade on repart avec un peu de pêche mais moins de succès.

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Pas grave, puisqu’ils nous ont préparé un sandwich chacun, avec un petit bout de chocolat et des fruits. Parents d’enfants de nos âges, ils nous diront par la suite qu’ils aimeraient bien que si leurs enfants font la même chose en Europe quelqu’un les aide comme ils l’ont fait.

Ils nous déposent enfin près d’un épicier afin qu’on puisse faire nos courses et reprendre la route sous le soleil de retour.

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Nous décidons d’aller à Gaspée ou Percé, les 2 prochaines grosses villes. Peu de temps plus tard, un homme d’une trentaine d’année nous prend. Il va à Gaspée pour voir des amis, mais doit s’arrêter dans une maison qu’il loue. Il habite Montréal mais a acheté une propriété qu’il loue en Gaspésie. De son propre aveu il ne peut venir que 3 semaines par an en Gaspésie et visiblement regrette son investissement. Parmi ses locataires, une meuf est là pour travailler en saisonnière et observer les baleines. Ce qui est quand même mieux que travailler au Quick, si j’avais su… La maison est super classe, mais le marché immobilier assez morose et il nous confesse à demi-mot que c’est plus un poids qu’autre chose. Moralité de l’histoire : N’achetez jamais de maison sur un coup de tête ! Achetez plutôt un bouquin ou pour les plus oufs un pot de 2 litres de glace vanille.

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On visite Gaspée petite ville charmante mais on décide rapidemment de tenter d’arriver à Percée, où il y a plus de balades à faire, le soir même. Nous nous arrêtons tout de même manger au Dixee Lee

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Au Canada il y a beaucoup de chaines de fast-food qui ne sont que dans une province ou une région. Dixee Lee c’est LE fast-food gaspésien. Assez kitsch, franchement pas terrible à base de fritures sur tout ce qui est friturable, on s’est pas franchement régalé mais il fallait y aller au moins une fois. Mais quel gâchis de mettre ces si bonnes crevette dans de l’huile comme ça…

On repart donc tranquillement le pouce levé quand 2 minutes à peine après qu’on ait repris la route 132, une voiture s’arrête et on retrouve… Lara et Chris les musiciens de Chicago rencontrés au parc Forillon !

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Content de les retrouver, on part donc avec eux sur Percée, ravi de pouvoir atteindre notre objectif et de retrouver ce couple avec qui on avait vraiment sympathisé.  Avec un bonus en plus, de l’excellent son jazzy sur tout le trajet… Plaisir ! C’est d’ailleurs à des cours d’improvisation musicale de jazz qu’ils se sont rencontrés. Belle histoire. Arrivé à Percée on cherche donc un camping pour la nuit, évitant celui qui facturait 25 dollars la nuit pour dormir sur une place de parking et on finit par en trouver un vraiment joli, laissant ainsi nos amis jazzman dans un hôtel un peu plus loin. Là aussi pour rappel sans réseau téléphone, on garde peu d’espoir de les revoir plus tard.

On fait un petit tour dans la ville qui s’avère ressembler au pire de toute les stations balnéaires françaises à base de boutiques souvenir made in China ou de restaurants hors de prix.

Au petit matin près de notre tente je me fais un pote :

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Pas de repos pour les braves, on prend ensuite le ferry direction le Parc de Bonaventure la deuxième balade préférée de Jean-Pierre. J’en profite pour donner quelques cours de pilotage babord tribord tout ça au mec qui sourit à mes côtes

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Il s’agit d’une île protégé où on trouve la 2ème plus grande colonie de fous de bassins, un oiseau que je vais bientôt vous présenter. Que ce soit dans le classement de Jean-Pierre ou en terme de population d’oiseaux, cette île semble condamné à toujours fini deuxième. Syndrome Poulidor… Et c’est effectivement une super balade. Hormis les framboises vraiment pas top, l’île est magnifique. On y trouve notamment une superbe plage où on a pu faire une sieste et de laquelle on pouvait apercevoir à quelques mètres des dizaines de phoques.

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On arrive ensuite à la colonie de fous de bassins. Voici à quoi ressemble ces oiseaux.

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Et en groupe ça donne ça :

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Et c’est vrai que c’est des oufs ! Genre les mecs tu les envoies dans n’importe quel ghetto ils prennent le contrôle de tous les trafics de drogue et tout ! On a vu des embrouilles de ouf. Genre les mecs ils s’arrachent les yeux pour une plume de travers. On est arrivé en mode « si si la famille 4-5 toi-même tu sais Clos Fleuri nanani pour les frères au placard Gloire à l’art de rue mystère et suspens »

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Les mecs nous ont quand même rackettés. Carte de  bus téléphone, vêtements et tout… Ils ont rien laissé. Plus sérieusement, c’était assez impressionnant de les voir se buter entre eux et faire leur vie entourées de cadavres tout en se bouffant la gueule mutuellement.

Avec toutes ces niaiseries, on se rend compte que le dernier ferry est dans 15 min et qu’on est selon le plan à 25 min de marche du port… L’île est magnifique de jour mais est-elle accueillante de nuit… Sachant que notre bouffe et nos affaires sont toujours au camping on a pas du tout mais pas du tout envie de le découvrir…

On presse donc le pas pour ne pas vivre un remake de Seul au Monde mais à 2 et juste pour nuit. Donc ça n’a rien à voir avec Seul au Monde en fait….

On presse le pas pour ne pas vivre un remake de Lost mais juste un épisode vu que au pire, on prendrait le ferry le lendemain matin. En chemin on repère les lieux où on pourrait dormir le cas échéant. On argumente sur le fait de qui entre nous 2 tuerait l’autre si on faisait une chasse à l’homme (c’est moi qui gagnerait).

On arrive enfin au bout du chemin et on aperçoit le ferry et… Les gens qui montent dedans ! Je me revois lycéen, courir après le bus Semtao n°4 chaque matin, pour ne pas arriver plus de 15min en retard au premier (ou deuxième) cours de la journée…

Arrivé à l’embarquement c’est la déception… Nous attrapons le ferry à une minute près, essoufflé, on se dit que ça aurait été marrant de passer la nuit sur l’ile finalement…

La journée touche à sa fin et je ne veux surtout pas rester à Percée. Si l’ile est magnifique j’ai détesté ce côté station balnéaire. On chope un nouveau carton et on repart vers une destination précise :

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A la minute où on teste cette nouvelle pancarte quelqu’un s’arrête. Et pas n’importe qui…

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Notre premier camion ! Pouet Pouet (Bruit d’un klaxon de camion). On est excité comme des gamins de monter là-dedans ! Les mecs rentrent du taf et nous déposent quelques kilomètres plus loin.

Finalement le succès de notre nouvelle pancarte aura été de courte durée. 40 min après avoir été déposé par le campion toujours rien… Alors que je commence à vouloir traverser la route pour demander à une maison si on peut poser la tente dans leur jardin une voiture s’arrête. On grimpe soulagé sans savoir ce qui nous attend. A l’intérieur 2 jeunes qui paraissent à peine 15 ans. Ils vont à la ville suivante. Quand on leur demande ce qu’ils vont faire le conducteur répond : « On va péter la gueule à des mecs ! Ils ont volé la came de mon pote !!! Regarde j’ai une clé de 12 et dans le coffre on a des battes de base-ball !!! »

A ce moment-là je regarde Raphaël pour être sûr de bien avoir compris…. J’ai bien compris. Alors que le conducteur insulte un mec en mobylette à base de « Sale con je vais te fumer !!! » je prends soin d’attacher ma ceinture de sécurité tout en partageant un regard mélangé de rire et de peur avec Raphaël… Nous sommes bien dans une voiture qui part, armé, se battre pour une histoire de drogue…

Dans le prochain épisode de Gaspésie c’est Iziiii vous saurez pourquoi on a eu affaire à la police, qui nous a suivi de la Loire jusqu’en Gaspésie, quelle ville porte le même nom qu’un personnage très populaire d’une série TV et puis on se baignera…

#LeSachiezTu : L’ours est un animal omnivore. Il se nourrit essentiellement de baies,(ils savent que les framboises c’est du lourd) mais aussi de poissons. L’animal « symbole » de la Gaspésie est l’orignal. Au début je croyais que c’était un faux animal genre le dahu mais non. C’est une sorte d’élan et y en a beaucoup dans les forêts canadiennes. Il y a beaucoup d’accident de la route causés par ces cervidés. Et vu leur taille à moins d’avoir un camion tu fais pas le poids…  Petit bonus avec cette  vidéo Chasse et Pêche sur l’original. Ne manquez pas les 30 dernières secondes surtout… http://www.youtube.com/watch?v=J3o4KLFxGVg

Gaspésie c’est Iziii Episode 2

Previously on Gaspésie c’est Iziiii : Clique sur le lien l’épisode 1 est juste . Si t’as la flemme en gros, on a quitté Québec en covoiturage conduit par une fan de chant tyrolien. On est arrivé à Rimouski, on a pris un ton-car, on a fait notre pancarte, y a 3 voitures qui nous ont pris, on est arrivé à Matane, on a trouvé des Pompotes mais avec un autre nom de marque, des meufs nous ont déposé près d’un lac, on cherche donc à planter notre tente pour notre première nuit sauvage et là… BIM ! Un feu de camp au loin… Que va-t-il se passer… ?

Alors qu’on s’approche du feu, on croise 2 adolescentes qui nous toisent et nous posent des questions. Il s‘avère qu’elles font partie du groupe de jeunes filles qui sont derrière le feu de camp. Comme je cite on a l’air ben fun, elles nous proposent de les suivre. Arrivés sur le camp on rejoint leur groupe : 5 filles âgées de 11 à 14 ans et 2 packs de bière bien entamés. Oui la plus vielle a 14 ans et nous avoue dans la soirée qu’elle a commencé à boire à l’âge de 10 ans. N’ayant pas mieux à faire, et vu qu’on avait là un excellent spot chauffé pour poser la tente, on s’installe avec elles pensant qu’elles partiraient bien assez tôt. 2 s’en vont rapidement mais les 3 dernières restent. Il est amusant de discuter avec elle. A part Vincent le prof de natation, elles n’ont jamais rencontré de français. Vincent est un con mais Marie sa fiancée est gentille. Mais comme Vincent est un con, cela surprend beaucoup les filles de voir des Français qui sont pas cons. On a ainsi droit à des dizaines de questions du genre :

– Oui mais vous êtes sympas, ça veut dire que les Français sont sympas non ?

– Faites voir vos chaussures, je veux savoir comment se chausse les Français.

– Donc les Français ils font tous de l’auto-stop en fait tout le temps ?

Elles nous parlent de leur vie et de leurs espérances, la plus grande rêve de devenir pilote comme dans Rapide et Dangereux (Fast and Furious). L’une veut partir vivre à Montréal et la plus jeune qui est complétement bourré ne sait pas mais elle ne veut pas être comme sa conasse de belle-mère.

On rigole bien avec ses filles mais quelque part, on est un peu gêné. Je me dis souvent que si un type passe par là et voit 2 mecs de 25 ans avec 3 filles de moins de 14 ans bourré près d’une tente, on aura beau expliquer notre bonne foi, on aura du mal à être pris au sérieux. Additionnant la fatigue de la journée à la gêne, on est pressé de les voir partir. Mais bourrées comme elles sont on a du mal. La plus jeune veut à tout prix rentrer dans notre tente (et on veut pas !), les gamines sont complétement pété, prennent des photos etc. Finalement vers minuit la plus jeune vomit dans le feu (raison de plus de pas la vouloir dans notre tente) et ça les convainc de rentrer chez elle. Même si on aura bien ri, on a pu ressentir une certaine tristesse chez ses ados, qui à 12 14 ans boivent déjà tous les week-ends. La Gaspésie est la région du Canada où le taux de suicide est le plus élevé de toute la province du Québec. Il y a une certaine misère sociale qu’on a pu ressentir plusieurs fois lors de notre voyage. En tout cas, on se dit qu’au moins en tant que 2ème et 3ème français qu’elles ont rencontré de leur vie, on a bien remonté l’image de notre pays, bien que mieux que ce connard de Vincent, prof de natation qui fait mal à l’image de notre belle France (cace-dédi à Montebourg, notre sympathie finira par payer pour le Made in France #onlacherien #lecombatcontinue )

Après cette nuit agitée et plutôt drôle on peut enfin, quelque part dans cette ville qu’on appelle Matane, profiter de notre première nuit…

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(Bruit du coq)

C’est le matin. On découvre le lieu sous la lumière du jour. C’est plutôt joli. On emballe vite et on retourne vers le DoMac pour reprendre la route 132.

L’avantage de notre road trip c’est qu’on peut difficilement se perdre. Il n y a qu’une seule route principale qui fait le tour, la fameuse 132 qu’on rejoint en fin de matinée. On espère donc arriver rapidement à l’auberge de jeunesse. En 3 voitures et quelques heures nous y arrivons enfin.

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On arrive en fin d’après-midi au Sea shack. En tout cas visiblement on nous a pas menti, toutes les personnes à qui on a parlé du Sea Shack en Gaspésie connaissent le lieu et ne peuvent cacher un sourire sibyllin en nous disant vous allez bien vous amuser. Que ce soit Herman, qui rejoint son père avec sa fille Kira pour passer quelques jours de vacances en famille, Jean-Sebastien l’étudiant en agriculture qui prenait pour la première fois de sa vie des aut-stopeurs, ou Eve et Olivier des beaucerons (oui il y a la Beauce AUSSI au Québec et j’en place une pour la VRAIE Beauce, Artenay, Chevilly, la ville de Lauriane dont j’ai oublié le nom, les betteraves, la RN20, la RN154 le premier samedi de février, les VRAIS savent…) qui passent leur première vacances en couple. Cela fait 9 mois qu’ils sont ensemble et ils font eux aussi le tour de la Gaspésie. Et bien tous nos bienfaiteurs de la route, ont entendu parler ou sont allés au Sea Shack…

Arrivé sur place, on plante donc la tente sur la plage, on fait même un chemin avec des cailloux trouvés sur la plage #Pimpmytente

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On profite de la belle vue sur le fleuve, de la plage, de son jacuzzi (oui oui un jacuzzi qui donne directement sur le fleuve !), on arrive à trouver une voiture qui part en ville pour faire quelques courses (bouffe et seul alcool de la semaine) puis c’est parti pour une des légendaires fêtes du Sea shack. Tout ce qu’on en dira, c’est que j’ai pu kiffer un joli lever de soleil sur le fleuve et qu’on aura rencontré de belles personnes dans ce lieu qui, il est vrai a un côté magique…

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La journée suivante est plus calme. On glande un peu, passe du temps avec les personnes rencontrés la veille, mais on décide finalement qu’on a plutôt intérêt à ne pas passer une nuit de plus pour ne pas se retrouver en retard et continuer à avancer. On fait le tour des personnes présentes dans le camping pour voir qui reprend la route et aurait de la place pour nous. Sans le moindre succès…

Finalement on rencontre un couple de français qui acceptent de nous prendre. On est ravi de pouvoir avancer et surtout et ça on ne le savait pas encore, on vient de faire une des meilleures rencontres de tout notre voyage.

Mylène et Soheil sont 2 franciliens qui vivent à Montréal. Tout comme nous, ils n’ont pas vraiment de plans et s’arrêtent selon les conseils qu’on leur donne. Comme nous ils prennent une semaine pour visiter la Gaspésie. Contrairement à nous ils ont leur propre voiture… On rit beaucoup et on parle encore plus dans la voiture, de nos vies et notamment de la difficulté pour eux qui habitent Montréal depuis 4 ans de prendre des vacances en tant qu’expatrié. Surtout qu’ils ont de la famille en Guadeloupe, en métropole et en Iran. Alors les rares semaines de vacances doivent être réfléchies, bien posé, pour penser au baptême, au mariage, aux amis, à la famille etc. Bref un casse-tête mais qui ne leur aura pas empêché de prendre une semaine de vacances tous les 2.

Nous arrivons donc au parc de Forillon. Mylène et Soheil installent leurs affaires dans un petit gite et avant de nous déposer dans le camping à l’intérieur du gigantesque parc où nous allons passer la nuit avec Raphaël, on décide de diner ensemble. Avec en prime la spécialité Gaspésienne la poutine…. Aux crevettes ! Et beh c’est super bon ! Finalement ils nous déposent au camping on échange les numéros et on espère se revoir.

Il est près de minuit, on a passé une très bonne journée et on commence à installer la tente. Après avoir juste dormi 3h la nuit dernière je me réjouis d’avance de la nuit à venir et c’est pas la pluie qui commence à tomber qui va m’en empêcher… Alors que je commence à fermer les yeux, Raphaël m’insulte : « Connard t’as pas fermé la bouteille y a de la flotte dans la tente !

– C’est ta mère qu’a pas fermé la bouteille j’y ai pas touché ! Téma la flotte elle vient de ton côté.

– Non elle vient du tien batard !

–(en chœur) Oh putain !!!! »

Et c’est ainsi que l’on a découvert que la tente qu’on nous a prêté n’était pas étanche.

On range donc toutes nos affaires et on court vers le coin sanitaire seul lieu apriori sec du camping. Et c’est donc à même le carrelage qu’on passera notre 3ème nuit après avoir passé près d’une heure a asséché la tente.

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Cette mésaventure ne m’empêchera pas de me réveiller à midi le lendemain et de constater que la pluie est loin d’avoir cessé. On sympathise avec les campeurs qui viennent pour jouer aux cartes ou faire à manger. Il y a Lorraine qui vient dépecer son poisson tout juste pêché par un ami à elle, un jeune couple de Québec qui se font un Uno à 2 (un peu chiant ce jeu à 2 mais quand il pleut et que t’es en galère…) et surtout Lara et Chris 2 musiciens américains de Chicago avec qui on sympathise bien. Malgré la pluie on décide de se balader et de profiter de la magnifique plage de galets.

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Même si la belle balade nous aura permis de ne pas avoir le sentiment d’avoir perdu notre journée, la faim commence à se faire sentir. Nous n’avons plus de provisions dans notre sac et on a fini la dernière PomPotes au petit déjeuner. Heureusement en bon Castor Junior on arrive à trouver quelques framboises mais ça ne suffit pas.

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Après avoir mangé une centaine de framboises on arrive à la conclusion qu’il faut sortir du parc pour trouver un magasin. On décide donc de retourner à l’entrée du camping pour trouver un magasin ou demander où est le plus proche. Après 30 min de marche sous une pluie assez forte on arrive à l’accueil qui nous dit que le magasin le plus proche est à 25km. La pluie devient battante et nous voilà forcé de se réfugier dans un abri à bois.

Affamé, sans possibilité de trouver quelque magasin qui soit, et coincé dans ce hangar à bois nous constatons les limites du voyage en auto-stop. A ce moment-là pas de doute, nous étions dans la merde…

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Dans le prochain épisode de Gaspésie c’est Iziiii vous saurez qui de nous 2 a bouffé l’autre, comment la faim justifie rien, où sont les meilleures framboises du monde, comment sécher ses chaussettes et y aura des animaux mignons.

#RetourVersLeFutur : J’ai eu le plaisir de revoir Mylène et Soheil sur Montréal quelques mois plus tard. J’ai ainsi appris que le lendemain après nous avoir déposé ils sont retournés au camping pour nous proposer de continuer le voyage avec eux et nous amener… De la bouffe se doutant qu’on n’en aurait pas ! Evidemment ils n’ont pas pensé à aller vérifier près des chiottes si notre tente y était et voyant l’emplacement vide ils ont continué leur chemin. Cela n’aura fait que retarder nos retrouvailles et chaque fois que je passe à Montréal c’est toujours un plaisir de les revoir.

Gaspésie c’est Iziiii Episode 1

Comme annoncé depuis plusieurs mois, voici enfin le récit de mes aventures en Gaspésie avec Raphaël. Plusieurs épisodes avec de l’action, du suspens, des poissons, du feu, et plein de voitures ! Voici Gaspésie c’est Iziiii

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C’est parti pour le grand départ ! Rendez-vous sur le parking d’un supermarché (Canadian Tire, oui je fais du placement de produit sur mon blog et ça paye bien mieux que d’être honnête et travailleur) pour ce voyage bourré de points d’interrogation.

Au programme : faire le tour de la Gaspésie (près de 900km) en une semaine et le tout en auto-stop. Nous avons donc une tente qu’on nous a prêté, chacun nos duvets, 2 couteaux suisses, des vêtements et le guide des Castors Juniors.

Pas de plan fixe, peu d’idée sur ce qui nous attend et quelques noms de villes ou de parcs qu’on nous a conseillé. Afin de bien commencer ce périple et de ne pas rester bloqué à Quebec, on commence par un covoiturage vers Rimouski la  première ville de Gaspésie. Oui commencer un trip en auto stop par un covoiturage, c’est un peu comme si tu partais pour un tour du monde en vélo et que tu commençais par prendre l’avion. Mais bon on a jamais fait d’auto stop avant, et si on doit se retrouver bloqué quelque part autant que ce soit en Gaspésie.

En préambule voici ce que je savais de la Gaspésie avant d’arriver à Québec :

Voici ce que je savais de la Gaspésie au moment de partir  :

« A c’quil parait c’est trop classe, y a des parcs, les gens te prennent en auto stop, on peut se baigner et tout. »

Aujourd’hui je peux dire bien plus de choses sur la Gaspésie. Avant de commencer ce récit, voici quelques infos basiques, que tout le monde peut trouver s’il tape Gaspésie sur Internet :

La Gaspésie est une péninsule située à l’Est de la province de Québec. Lorsque les Français sont arrivés au Canada, c’est sur cette péninsule qu’ils se sont installés en premier. La Gaspésie c’est un peu là où tout a commencé en fait. L’entrée vers le Nouveau Monde…

Au Nord on trouve le fleuve St-Laurent et au Sud la Baie des Chaleurs. Vu la taille du fleuve, on penserait plutôt que c’est directement l’Océan Atlantique mais non cherche pas, et les Gaspésiens ils n’aiment pas quand tu dis que c’est l’océan. Même si c’est salé mais bon…

En gros ça fait la taille de la Belgique et y a plus ou moins 80 000 personnes qui vivent dans cette région, qui vit essentiellement de la pêche et du tourisme.

Voici un selfie de la Gaspésie par exemple. Avec un duck face en plus.

 File:GaspePeninsula23.jpg

Toute ces infos je ne les avais pas car je me suis dit que je wikipediaterais tout ça pendant le voyage quand je me ferai chier. Après 1h de covoiturage j’ai découvert aussi que l’un des funnyfacts de la Gaspésie c’est que tous les opérateurs ne couvrent pas la région. Du coup une semaine sans téléphone portable (AAAAAAAH… Non en fait c’est bon…)

Le premier co-voiturage se passe bien et on arrive 3 heures plus tard à Rimouski. En covoiturage et encore plus en auto-stop, on se permet rarement de critiquer les choix musicaux du conducteur. Mais quoi qu’il arrive, on ne pourra jamais trouver mieux que l’album de chant tyrolien d’1h15 de cette première voiture. Klaus West feat Jurgen-Z : Watch the mountain !  Yalalahiyou !

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Aujourd’hui encore, entre Rimouski et Québec, le vent porte la légende de ces 2 français qui ont écouté l’album en entier. Sur les places des villages, sur les bords du fleuve St-Laurent, pêcheurs, badauds, enfants et personnes âgées, tout le monde en a entendu parler… Mais peu y croient vraiment…

Arrivé à Rimouski, on fait un petit tour du centre-ville. Plutôt joli, on se balade sur les bords du fleuve respirant l’air frais qu’une petite brise agrea grosse rafale de vent nous met dans la gueule.

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Notre premier stop se nomme Sea shak. Il s’agit d’une auberge de jeunesse réputée très festive près de la ville de St-Anne-des Monts. Ça fait partie des conseils reçus par Raphaël. Rimouski est joli tout ça mais on se dit que plus tôt on sera là bas mieux ça sera. On chope donc un carton et avec émotion fabriquons notre première pancarte :

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Qui sera rapidement customisé

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On aura attendu exactement 9 min pour avoir notre première voiture. Un mec de notre age seul qui nous propose de nous avancer.

Il nous arrête sur le bord d’une route. On se pose quelques minutes sur des rochers pour profiter de la vue du fleuve, et on repart à pied le pouce levé. On attendra cette fois plus longtemps (près de 30 min), avant qu’une dame d’une soixantaine d’années voyageant seule nous prenne en stop.

Très vite, je comprends que le plus kiffant dans cette histoire de stop est la diversité des gens qu’on va rencontrer. Antoine le gars qui nous a pris en premier, venait visiter ses parents, lui qui a juste pris la décision de quitter son boulot pour vivre de la musique. Line, qui vient de nous prendre, nous parlera longtemps de la solitude, non pas subie mais choisie. On ne partage leurs vies que quelques minutes mais on partage aussi des moments et des idées…

On commence à abandonner l’idée d’arriver le premier soir à St Anne des Monts. Le soleil commence à se coucher. On avance alors à pied tout en continuant à faire du stop dans l’espoir d’avancer toujours un peu plus. Finalement, on est pris en voiture, une troisième fois aujourd’hui, par un quadra, AbdelRachid qui se rend à Matane, une « grande ville » du coin pour le travail. Il est embauché par une usine qui congèle des crevettes (la crevette gaspésienne est très réputé) et vient de traverser le fleuve par le ferry pour rejoindre l’usine où il va enchainer 3 semaines de taf non-stop, qui sera bien sur suivi par 3 semaines de repos. Un rythme différent mais qui lui plait. D’autant que l’hiver il est quasi-impossible de trouver du travail dans cette région. On s’attend souvent (et on en a eu beaucoup) à ce que les personnes qui nous prennent en auto-stop soient un peu des hippies, des mecs un peu freestyle etc. Ce n’était pas le cas d’AbdelRachid. Alors qu’il va vivre dans une chambre d’hôtel pendant 3 semaines, il a d’ores et déjà une valise entière remplie de Tupperware avec TOUS ses repas pour 3 semaines !!! Le mec a déjà tout préparé (enfin avec sa femme). Pas de place pour l’imprévu avec lui…

Nous arrivons donc à Matane où il nous dépose près du supermarché. Affamé et ne sachant pas où dormir, nous commençons notre voyage de façon honteuse… En bouffant un DoMac…

Puis on part au supermarché du coin pour faire nos provisions. Et on trouve notamment…

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OK c’est le 2ème placement de produit de l’article mais c’est Pom Potes… C’est le 3ème été de suite que je pars avec Raphaël en vacances à l’aventure à l’arrache. On fait Orléans Tours en vélo, on a fait Orléans Tours en kayak (on a aussi fait Orléans Tours en train une fois mais c’était moins bien). Et le point commun de tout ces voyages c’est que pour nous nourrir, facilement, efficacement et avec classe on achète toujours la boite Pom’Potes de 32 ! Et là alors qu’on ne s’y attendait même pas… BIM ! La compote à emporter de Materne. Made in France (j’en place une pour Montebourg d’ailleurs sur ce coup, on a un peu sauvé la balance commerciale de la France mec !). Avec notre compote préférée sous le bras, il faut maintenant que, alors qu’il fait nuit depuis un bout de temps maintenant, on trouve un lieu où dormir. C’est alors qu’on aborde 2 jeunes filles pour leur demander si elles connaissent un coin où on pourrait poser notre tente et dormir. Elles nous parlent d’une espèce de lac pas trop loin genre 30 min à pied où les jeunes du coin se posent de temps en temps. De fil en aiguille, on rajoute une 4ème voiture à notre palmarès et elles nous déposent près du parc/lac.

Alors qu’on utilise notre seule lampe de poche pour 2 pour chercher un endroit où planter la tente, on aperçoit au loin un feu de camp. Attiré par la lumière, on s’approche ne sachant absolument pas face à qui ou quoi nous allons nous retrouver près de ce feu lointain…

Dans le prochain épisode de Gaspésie c’est Iziiii vous saurez qui se cache derrière ce feu, si les crevettes de la Gaspésie sont bonnes, si nous parviendrons enfin à arriver à St Anne des Monts et comment on s’est démerdé pour passer du parking d’un Mcdo à un jacuzzi en moins de 24h !

#LeSachiezTu : Le nom Gaspésie vient du mot micmac Gespeg qui veut dire fin de la terre. Et #LeSachiezTuBonus micmac vient du peuple des Micmacs qui étaient une nation amérindienne qui vivaient dans le Canada actuel. Du coup maintenant tu sais d’où vient le terme Micmac. Et moi aussi du coup car je l’ai appris en l’écrivant. Comme quoi on en apprend des choses ici…